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DE L’IMPORTANCE DE L’HARMONISATION DES HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

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Un détour par la science

Le cerveau perçoit un son similaire à des pulsations de basse fréquence du volume sonore lorsque deux sons de fréquences légèrement différentes (par exemple 404 et 400 Hertz) sont présentés indépendamment à chaque oreille du sujet à l’aide d’un casque stéréo. Si la différence entre les fréquences est de 4 Hertz, le sujet entendra quatre battements par seconde. La différence entre les deux fréquences doit être faible (inférieure à 30 Hz) pour que l’effet se produise, sinon les deux tons seront entendus séparément et aucun battement ne sera perçu. Ce battement est appelé le son binaural.

Cet effet a été découvert en 1839 par Heinrich Wilhelm Dove et a donné lieu par la suite à de nombreuses expérimentations. Dans les années 1960, Robert Monroe ingénieur du son américain découvrit que des sons spécifiques et des combinatoires de fréquences sonores avaient des effets identifiables et mesurables sur les capacités des individus soumis à ces trames sonores. Dans son laboratoire de recherche en Virginie il étudia un grand nombre de sujets en enregistrant à l’électroencéphalogramme (EEG) la corrélation entre les expériences subjectives des personnes et la nature des ondes cérébrales produites par les effets des sons. Suite à ces recherches, il créa l’Institut Monroe, devenu un centre de recherche binaural et d’éducation. L’Institut Monroe[1] présente entre autres les battements binauraux comme un moyen d’entraîner la synchronisation des hémisphères cérébraux.

De nombreuses recherches ont été menées depuis et ont donné lieu à publications et applications scientifiques. Il convient de citer les travaux du Dr. Gerald Olster, biophysicien travaillant à l’école de médecine du Mont Sinaï à New York, publiés dans le Scientific American en 1973. Il fit la synthèse des recherches réalisées depuis Dove et élargit par ses propres recherches son champ d’application au son binaural. Il suggéra notamment que celui-ci pouvait induire des changements de comportement physiologique d’origine hormonale.

Plus récemment, une équipe de l’université Laurentienne portant sur les effets des battements binauraux sur la méditation, a révélé des effets bénéfiques chez les personnes ayant déjà une expérience de la méditation. Le son binaural est aussi utilisé pour certains diagnostics de pathologies affectant le fonctionnement cérébral.

De nombreux médecins, psychiatres et psychothérapeutes utilisent les outils de Monroe à travers le monde à des fins de relaxation ou comme traitement d’accompagnement. Le Dr Brian DAILEY, médecin au Rockfeller General Hospital à New York, les utilise pour soulager les personnes en chimiothérapie[2], pour minimiser les effets secondaires bien connus (vomissements, migraines, etc.) et faciliter la récupération des patients.

Des études menées sur deux cohortes de 12 personnes (des dirigeants et managers) par Georges Hadjopoulos et Laurence Lucas dans les années 90 ont montré grâce à l’effet Kirlian[3] qu’après quelques jours de stimulation acoustiques les filaments perçus au bout des doigts et des pieds présentaient une structure plus harmonisée qu’avant les écoutes. Il y avait également corrélation entre les images photographiques et le discours subjectif des personnes étudiées.  Le protocole de G. Hadjopoulos affiné pendant des années en lien avec la médecine chinoise a permis aussi de repérer l’état des organes et de la dynamique psychique[4].

Notre intention ici n’est pas de démontrer le bien fondé scientifique des méthodologies d’exploration de la conscience développées par Monroe mais de rappeler que de nombreux études et observations réalisées ces cinquante dernières années sur le son binaural ont produit des faits observables et mesurables. Nous n’oublions cependant pas qu’il s’agit d’un domaine sensible où les conditions de l’expérience et l’observateur peuvent influer sur les résultats.

Au-delà des utilisations médicales du son binaural, les outils développés par Monroe sont aussi utilisés par des milliers de personnes à travers le monde à des fins de relaxation, de pleine conscience et de développement personnel. Ils produisent avec des degrés d’intensité variables selon les individus des effets tels que la relaxation profonde, un jaillissement créatif, des voyages introspectifs d’explorations de notre conscience et de l’univers, etc.

Activité cérébrale et fréquence des ondes générées

L’intensité de l’activité cérébrale se manifeste par la fréquence de ces ondes. On les calcule en hertz (Hz) – un hertz égalant une ondulation par seconde. Si le graphique enregistré par l’EEG est plat, c’est qu’il n’y a pas d’activité cérébrale. Quant aux ondes générées par un cerveau actif, on les répartit sur en 4 ou 5 plages de fréquences :

  • Ondes delta : de 0,5 à 4 Hz, celles du sommeil profond, sans rêves.
  • Ondes thêta : de 4 à 7 Hz, celles de la relaxation profonde, en plein éveil, atteinte notamment par les méditants expérimentés.
  • Ondes alpha : de 8 à 13 Hz, celles de la relaxation légère et de l’éveil calme.
  • Ondes bêta : 14 Hz et plus, celles des activités courantes. Étrangement, les ondes cérébrales passent au bêta pendant les courtes périodes de sommeil avec rêve (sommeil paradoxal), comme si les activités du rêve étaient des activités « courantes ».
  • Il existe aussi des ondes gamma qui se situent au-dessus de 30 ou 35 Hz et qui témoignent d’une grande activité cérébrale, comme pendant les processus créatifs ou de résolutions de problèmes. (Ne pas confondre avec les rayons gamma, émis par le noyau des atomes !). Des travaux scientifiques menés par le biologiste Mattieu Ricard et le Dalaï Lama sur les états de conscience des grands méditants attestent de l’existence d’ondes de très haute fréquence et d’une synchronisation entre les deux hémisphères cérébraux chez les êtres dits Eveillés, c’est à dire en pleine conscience. Les protocoles de plus en plus nombreux de méditation de pleine conscience issus des travaux du psychiatre Christophe André enrichissent la connaissance scientifique.

Mentionnons par ailleurs que le cerveau est divisé en deux hémisphères, puis en plusieurs aires, chacune ayant une fonction importante : aires du langage, de la sensibilité corporelle, de l’émotion, etc. En ce qui concerne les hémisphères, on sait qu’ils fonctionnent le plus souvent dans une relative indépendance, et que le gauche, généralement dominant, est le siège de la logique et du rationnel, tandis que le droit est celui de la créativité et de l’intuition.

La fréquence des ondes cérébrales varie donc selon le type d’activités dans lequel on est engagé, mais les individus non entraînés (par exemple par une longue pratique de la médiation) ont relativement peu de contrôle sur celles-ci. Trop de stress, par exemple, et le système nerveux n’accepte pas de se détendre : les ondes cérébrales continuent alors de se maintenir dans la fourchette bêta et il est impossible de trouver le sommeil…

D’autre part, on avance que les meilleures ressources mentales pour la créativité et la résolution de problèmes se situeraient dans la fourchette des ondes thêta, auxquelles, malheureusement, on n’accède pas facilement.

Quand le cerveau prend le rythme

Plusieurs phénomènes extérieurs peuvent influencer le rythme des ondes cérébrales. La science a découvert que c’est généralement un effet de résonance qui est en cause, comme lorsqu’une note jouée au piano fait vibrer à l’unisson une corde de guitare. Le battement régulier des tambours de même que le chant grégorien ou des activités physiques rythmées comme la marche procurent, à la longue, cet effet.

Désormais, la technologie moderne, avec les outils Monroe, permet de produire ces effets et d’atteindre ces résultats en un rien de temps. En effet, certains types de pulsations sonores émises directement dans les oreilles peuvent induire, accélérer ou ralentir la fréquence des ondes en fonction du résultat recherché. Pour améliorer la qualité de détente et favoriser le sommeil, par exemple, on « invite » le cerveau à ralentir le rythme de ses ondes, qui pourraient graduellement passer de 14 à 4 Hz. On peut aussi améliorer la cohérence de l’influx nerveux des neurones, ce qui se traduit sur l’EEG par des ondes d’une plus grande amplitude.

Une technologie au service des deux hémisphères

Modifier le rythme des ondes cérébrales, c’est une chose, mais faire adopter le même rythme par les deux hémisphères du cerveau en état de veille est difficile et nécessite une longue pratique de méditation ou l’usage du son binaural. Un fonctionnement « intégré » des deux hémisphères favorise de meilleures performances mentales et intellectuelles, puisque la logique (cerveau gauche) et la créativité (cerveau droit) agissent alors en synergie.

Les chercheurs de l’Institut Monroe, disent avoir découvert une cinquantaine de combinaisons dont les effets sur le cerveau seraient particulièrement bénéfiques. Robert Monroe, aujourd’hui décédé, a fait breveter ce procédé en 1975 et a conçu une série d’outils connus sous le nom de Hemi-Sync[5]. Les plus simples sont des enregistrements sonores dans lesquels les signaux hertziens sont intégrés dans des sons musicaux.

Pour faciliter le sommeil, par exemple, la fréquence différentielle des battements binauraux évolue lentement de 8 Hz à 2 Hz, favorisant donc le passage, en 40 minutes, d’un état de relaxation léger (8 Hz) à un état de transe profonde (2 Hz).

Il est possible avec les trames sonores de :

  • activer un processus de croissance émotionnelle (développer l’estime de soi, éliminer l’auto-sabotage, etc.);
  • améliorer la détente et le sommeil;
  • augmenter la productivité et la performance mentale;
  • susciter des expériences transcendantes (faciliter la méditation, donner accès à l’intuition, etc.)
  • apporter un soutien pendant la grossesse et l’accouchement.
  • soulager les douleurs somatiques.

Ces outils sont aussi de plus en plus utilisés à des fins de développement personnel, pour aider à rendre cohérent un projet professionnel et un projet de vie, comme pour développer la créativité et la vision stratégique de dirigeants.

Dr. Laurence Lucas Skalli, 13 Avril 2016.

[1] www.Monroeinstitute.org
[2] Voir article du Dr. Bailey publié dans Alternative et Complementary Therapies, Juin 2004
[3] En 1936 l’ingénieur électricien russe Semyon Kirlian en manipulant un appareil d’électrothérapie en panne s’aperçut que celui ci émettait un rayonnement bleuté autour de la main. Il photographia ce rayonnement. Ce fut le point de départ de nombreuses recherches sur ce phénomène appelé effet Kirlian. Georges Hadjopoulos développa dans les années 70 des appareils spéciaux pour capter l’enregistrement visuel de ces énergies. Le principe de l’effet Kirlian : l’image obtenue pendant la décharge électrique est celle d’un champ de rayonnement provoqué par un mouvement d’électrons et de photons. Il y a passage des électrons sur un spin supérieur, puis leur chute qui provoque l’émission d’un photon qui va marquer la pellicule. Ces images électro-photoniques sont produites par l’interaction du champ électromagnétique créé par l’appareil et du rayonnement de champ propre au sujet photographié, variant d’intensité et de qualité en fonction de l’état physique, émotionnel ou psychique du sujet.
[4] Voir, Etablir un bilan bio-énergétique, G. Hadjopoulos, R. Herren, N. Stelling, Ed. de la Hutte, 2008.
[5] Laurence Lucas est dépositaire de CD Hémi-Sync. Elle peut sur demande vous en vendre un.
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